(J'ai des amis qui sont membres du
Modem , j'en connais plein qui ont voté Bayrou. Ils sont contre les OGM, contre les expulsions massives de sans-papiers, contre le tout-voiture, pas très favorables au nucléaire, bref, ils sont "humanistes" quoi ! Certains pensent que les écologistes ont vocation à fusionner avec le Modem...)
La loi sanctionnant les chômeurs qui refusent ''deux offres raisonnables d'emplois'' adoptée au Sénat
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 26.06.08 | 08h03 • Mis à jour le 26.06.08 | 08h31
Le Sénat a adopté, mercredi 25 juin, en première lecture, le projet de loi sur ''les droits et devoirs des demandeurs d'emploi"
, qui prévoit notamment des sanctions en cas de refus de deux ''offres raisonnables d'emploi''
, un texte très critiqué par la gauche et les syndicats. L'UMP, les centristes et les radicaux valoisiens ont voté pour, le PS, les Verts et le PCF ont voté contre. "Il ne faut se priver d'aucun levier pour moderniser notre marché du travail. C'est tout le sens de ce projet de loi
", a expliqué le secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, Laurent Wauquiez. [...
suite de l'article ici ]
morceaux choisis :
Le texte modifie le code du travail en durcissant par paliers les obligations des chômeurs au fil des mois, sous peine de sanction. Le chômeur qui refusera deux "offres raisonnables d'emploi" [en fonction de son ancien salaire et du temps de transport]
sera radié de la liste des demandeurs d'emploi et son allocation suspendue. Un décret précisera que ce chômeur sera radié pendant deux mois. [...]
Au bout d'un an, les chômeurs devront accepter tout emploi rémunéré "à hauteur du revenu de remplacement"
versé par les Assedic ou par l'Etat s'ils sont en fin de droits. [Attention, c'est important!!] [...]
Le chômeur qui "refusera de définir ou d'actualiser le projet personnalisé d'accès à l'emploi"
pourra être radié.
Quelle société sommes-nous en train de construire ? Aujourd'hui 2 offres d'emploi, demain... le travail (quasi-) forcé !
C'est une aberration du point de vue de la lutte contre le chômage ! Dans ces conditions, comment les employeurs seront-ils incités à embaucher des personnes dont ils pourront fortement douter de leur motivation ?
Je crains également que cela n'exerce une pression à la baisse sur les salaires des emplois pénibles et peu qualifiés.
Ce n'est pas en forçant et en démotivant les gens qu'on peut espérer obtenir des productions rentables et de qualité dans notre pays.
Et c'est une catastrophe du point de vue social : Qu'adviendra-t-il des personnes à qui on coupera le RMI parce qu'elles refuseront de prendre un travail forcé, ou parce qu'elles ne se rendront pas aux rendez-vous proposés ?
Ces personnes ces personnes vont voir leur situation déjà fragile se dégrader fortement, et pourront se voir plongées dans un état de nécessité aigu qu'il faudra bien gérer un jour ou l'autre.
On aura perdu sur tous les plans :
- des familles brisées, des personnes dépossédées de leur autonomie
- des millions de gens considérés officiellement comme des "
vauriens"
- on n'aura pas fait baisser le chômage, sauf peut-être les chiffres (et c'est même pas sûr!)
- une augmentation phénoménale des besoins en aide d'urgence (des dépenses sociales, pas forcément!)
-...
-...
- et c'est pas ça non plus qui va inciter les étudiants à entrer dans le "monde du travail"!
On appelle ça "moderniser", c'est sûr, ça sonne bien ! Surtout pour retourner 20 ans en arrière (le RMI aura 20 ans en décembre...)
Bon, cette loi n'est pas encore adoptée par l'Assemblée Nationale... mais vu la majorité qui s'est dégagée pour voter ce texte au Sénat (on remercie entre autres
les sénateurs centristes!), il y a peu de doutes qu'elle soit rejetée !
Et pourtant, il y aurait une alternative !